- Procès repoussé à une date ultérieure -

Le sprint judiciaire continue pour Lamine Diack

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Lamine Diack au tribunal de Paris lundi, le 13 janvier 2019

Le procès de Diack a été reporté au mois de juin après que de nouveaux documents aient été soumis à la cour concernant le témoignage que son fils Papa Massata Diack a donné au Sénégal en novembre, a appris la BBC. L’ancien président de l’IAAF s’est vu refuser la permission de quitter la France pour regagner son pays, le Sénégal. Aujourd’hui âgé de 86 ans, le sénégalais est accusé de corruption et de blanchiment d’argent dans le cadre du scandale du dopage en Russie.

Arrêté et assigné à résidence à Paris depuis novembre 2015, Lamine Diack fait face à la justice française qui l’accuse d’avoir accepté des paiements de plus de 3 millions d’euros pour couvrir des tricheries. Des accusations qui sont niées par l’ancien patron de la structure gouvernante de l’athlétisme mondial.

Qui est Lamine Diack ?

Né le 7 juin 1933, Lamine Diack est un administrateur sportif et un ancien athlète. Champion de saut en longueur à la fin des années 1950, il a remporté l’épreuve aux Championnats de France d’athlétisme de 1958. Il a été détenteur du record de France/ Afrique de l’Ouest d’athlétisme de 1957 à 1960. Le 8 novembre 1999, M. Diack devient le président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) jusqu’en 2015.

Il a été réélu pour son quatrième et dernier mandat de quatre ans le 16 octobre 2011. Il a aussi été membre du Comité international olympique (CIO) de 1999 à 2013, puis membre honoraire de 2014 à 2015. De 1995 à 2001, M. Diack est président de la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES). Il est assigné à résidence depuis novembre 2015, et son procès en France avait débuté en juin 2019.

Lamine Diack aurait aimé en ce janvier 2020 laver son honneur en démontrant qu’il a les mains propres

Accusé de corruption

Le comité d’éthique du CIO a mené une enquête d’un an sur les allégations selon lesquelles Diack aurait reçu des pots-de-vin de la société de marketing sportif en faillite International Sport and Leisure (ISL).

Lamine Diack est accusé d’avoir reçu trois paiements de 30 000 dollars (plus de 17 milliards FCFA) et 30 000 francs français (3 millions FCFA à l’époque) en 1993. Selon les allégations, Diack avait personnellement reçu les paiements en espèces de l’ISL à un moment où la société était en négociation avec l’IAAF pour signer un contrat de commercialisation. Pour le CIO, cela constitue un « un conflit d’intérêts », même si l’ancien président de l’IAAF s’est défendu en affirmant qu’il avait reçu l’argent de ses partisans après l’incendie de son domicile. Le 1er novembre 2015, il a été arrêté en France en même temps que plusieurs autres hauts responsables de l’IAAF. Le 4 novembre de la même année, le Sénégalais a été inculpé de « corruption passive » et de blanchiment d’argent par la justice française.

Lamine Diack a été placé en résidence surveillée à Paris et Gabriel Dollé, l’ancien responsable antidopage de l’IAAF, a lui été placé en détention à Nice. Suspendu provisoirement le 10 novembre 2015 par le CIO, l’ancien dirigeant a démissionné le lendemain de son poste de membre honoraire de ce comité.

Papa Massata Diack en mars 2017 à Dakar. PHOTO SEYLLOU. AFP
Le fils de Lamine Diack supendu à vie de l’athlétisme mondial.

Le fils de Diack accusé

En janvier 2016, le rapport d’enquête de la Commission indépendante de l’Agence mondiale antidopage a indiqué que M. Diack avait fait usage de son influence pour installer un de ses fils et un ami comme employés de l’IAAF. Le journal français Le Monde a affirmé le 3 mars 2017 que Massata, le fils de Lamine Diack, avait reçu 1,5 million de dollars américains d’un homme d’affaires brésilien, Arthur Soares, pour l’élection de Rio de Janeiro, comme organisateur des Jeux olympiques d’été de 2016.

Nasser Al-Khelaïfi, le président de l’équipe de football du Paris Saint Germain (PSG), est soupçonné par le juge Renaud Van Ruymbeke d’avoir envoyé 3,5 millions de dollars américains (plus de 2 milliards FCFA) à Lamine Diack pour obtenir l’organisation du championnat du monde d’athlétisme 2017 à Doha. Si les charges retenues contre lui sont avérées, Lamine Diack risque une peine de 10 ans d’emprisonnement, selon la justice française.

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