Lee White, un Britannique blanc ministre de la Forêt au Gabon

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Sa nomination en début de semaine a provoqué la surprise au Gabon : Lee White, un Britannique naturalisé Gabonais, a reçu le portefeuille de la Forêt. Ce sera un défi pour ce fervent défenseur de la nature qui n’a pas toujours ménagé l’administration.

Le premier et le plus grand défi de Lee White sera de se faire accepter par le ministère dont il a désormais la charge au Gabon : celui des Forêts, de la Mer et de l’Environnement. Et ce ne sera pas une mince affaire. Il s’est fait beaucoup d’ennemis dans cette administration en dirigeant l’Agence nationale des parcs nationaux du Gabon, devenue depuis peu l’Agence nationale pour la protection de la nature. Un véritable ministère bis, et ce, par la volonté du président Ali Bongo, dont Lee White est très proche.

Ministère bis

La politique forestière était donc déjà en grande partie sous son autorité. Lee White ne s’est pas contenté de protéger la faune dans des parcs nationaux, en particulier les éléphants. Si l’interdiction en 2009 d’exporter le bois brut, les grumes, n’est pas directement de son fait, l’interdiction d’exploiter l’ozigo, un arbre tropical dont les fruits sont consommés par la population, c’est lui, rappelle Alain Karsenty, expert du bois tropical au Cirad. L’obligation pour toutes les concessions forestières d’être dorénavant certifiées FSC, ce qui est sans équivalent dans le monde, c’est encore lui.

Conservation

L’interdiction d’exporter le kevazingo, c’est lui également. Pas étonnant donc que Lee White ait été nommé après la révélation du détournement de plus de 350 conteneurs de ce bois précieux, retrouvés dans les entrepôts d’entreprises chinoises. C’est le scandale qui a précipité le remaniement ministériel au Gabon. Ali Bongo hésitait jusque là à nommer un Blanc au gouvernement, le « kevazingogate » lui a permis de sauter le pas. Lee White est irréprochable sur le sujet.

Olam tout puissant

Le ministère qu’il dirige désormais reprendra-t-il pour autant la main sur la gestion de la forêt ? Pas si sûr. Cette gestion a été largement privatisée en quelques années et confiée à Olam, le groupe indo-singapourien qui pilote avec l’Etat gabonais la transformation du bois dans la zone franche de Nkok. Sans appels d’offres publics.

Désormais ministre, Lee White a deux priorités : augmenter les aires protégées et réduire l’exploitation du bois aux seules concessions qui auront les moyens de se faire certifier FSC, sans galvauder ce label. Quitte à ce que les forêts dégradées, elles, soient abandonnées, comme le souhaite d’ailleurs Olam, à la culture de l’hévéa et de l’huile de palme.

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