Moustapha Guirassy : « Chronophage du temps du peuple sénégalais et machiavélique: Macky Sall a trahi la promesse républicaine » (discours d’investiture)

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Hier dimanche 16 décembre 2018, dans une salle de City business comble et dont le public de militants et sympathisant venu nombreux débordait sur les trottoirs d’en face, Moustapha Guirassy a été investi candidat à la présidentielle de la coalition Guirassy 2019. Candidat par devoir face à la violence d’Etat imposée par le régime Sall et candidat de l’espérance pour restaurer la promesse républicaine, voici le constat tranché que Moustapha Guirassy a posé sur le septennat de Macky :

« L’Acheteur de Consciences trahit une promesse républicaine; Macky Sall a trahi une promesse républicaine par le détournement d’objectif avec les financements de la DER, les bourses familiales, les marchés occultes, les intimidations qui ont permis d’acheter beaucoup de consciences.

On pouvait attendre autre chose de lui.   Lui qui est né après l’indépendance de notre pays, lui qui a fait la majeure partie de ses études supérieures au Sénégal, lui qui est né de parents modestes, lui qui né dans une ville de l’intérieur. Parce que qu’est-ce que la promesse républicaine ? C’est celle qui veut que tout enfant du Sénégal ait droit aux mêmes chances d’accéder à un emploi décent et de prétendre réaliser ses rêves les plus grands et de vivre une vie épanouie au plan personnel, à force de volonté et de travail, et quels que soient ses handicaps sociaux de départ et son éloignement de la capitale. Mais dès son élection, Macky Sall aura d’abord bradé notre pays à l’étranger, cassé le système éducatif, assujeti la justice à ses desiderata, enrichi sa famille, brisé notre belle vitrine démocratique, acheté les consciences, bref il aura tellement foulé du pied notre socle de valeurs  qu’à présent notre nation tangue.

Avec Macky Sall, le mackyavélisme s’est découvert une nouvelle orthographe avec la même réalité. Le mackyavélisme, qu’il dérive du nom Machiavel ou désormais du nom Macky, désigne la même triste réalité depuis sept ans. Le mackyavélisme, c’est de rendre hommage à Abdoulaye Wade en inaugurant le musée des civilisations noires et de flétrir le même Abdoulaye Wade dans un ouvrage qui fait mal au cœur des Sénégalais, dans la même semaine ; le mackyavélisme, c’est de prétendre amnistier les opposants politiques Khalifa Sall et Karim Wade si on est réélu pour un deuxième mandat et dans le même temps d’accélérer le temps habituellement majestueux de la justice pour les priver de leur droits civiques et de leur éligibilité, avec un jugement en cassation dont la rapidité du calendrier n’a jamais été vue dans notre histoire juridique. Le mackyavélisme, c’est de prétendre en 2012 avoir l’ambition de mettre en place une république sobre et vertueuse, et d’avouer publiquement quelques années plus tard qu’on garde des dossiers judiciaires sous le coude.  Oui, hélas, la promesse républicaine a été trahie au plus haut sommet de l’Etat. Napoléon a dit : «  Ce sont les combats qui bien souvent préservent la République et les débats qui la perdent ». Eh bien, Napoléon avait tort, comme l’a prouvé l’histoire, qui l’a condamné à finir déchu et esseulé sur l’ilot de Sainte -Hélène où l’avait exilé les Anglais après la défaite de Waterloo et où il est mort seul. Napoléon à qui les révolutionnaires français qui ont conquis l’égalité pour tous ont confié la République et qui a confisqué cette République pour se faire couronner empereur et mettre tout son continent à feu et à sang par son désir de conquêtes guerrières avait tort. C’est le débat qui sauve les républiques. C’est le débat qui est la racine de la république, depuis la Grèce antique jusqu’à nos jours.  Et notre Napoléon national, j’allais dire notre Napoléon tropical, Macky Sall, bafoue la promesse républicaine qui veut que tous les Sénégalais naissent libres et égaux en droits et en devoirs, quand il se proclame publiquement de lignée guerrière. Même le Fouta dont il se réclame un noble guerrier a bien fini par connaitre une république, celle d’Amadou Baal, bien avant l’indépendance. Nous n’avons plus besoin de « fiers guerriers dans la savane ancestrale que chante leur grand-mère». La République a besoin de démocrates dignes et soucieux de la décence de préserver les libertés publiques et les acquis démocratiques. Macky Sall n’est certainement pas anthropophage, non. Mais il aura été assurément chronophage, mangeant pendant sept années le temps des Sénégalais, pour ne rien en faire qui change véritablement leur horizon. L’estimé et estimable juge Kéba Mbaye disait au Président de la République qu’il installait dans ses fonctions le 1er janvier 1981 que les Sénégalais sont fatigués. A mon tour, je vous le dis Monsieur le Président: les Sénégalais sont plus que fatigués. Les sénégalais sont à la rue, pendant qu’on nous parle en haut lieu d’émergence. Nos jeunes arpentent chaque jour que Dieu fait les artères de notre capitale en slalomant sous le chaud soleil entre les véhicules pour vendre des babioles. Nos jeunes dilapident les économies des familles et l’or des mères pour rallier le fallacieux Eldorado européen en bravant désert et mer au péril de leur vie, simplement pour préserver ou retrouver leur dignité et celle de leurs parents, et vivre un rêve plus grand qu’eux, ce qui est leur droit. On ne peut pas s’arrêter dans la rue sans qu’un passant nous présente une ordonnance, fictive ou plus souvent réelle, alors qu’on nous vante la couverture maladie prétendument universelle. La justice est à la rue quand un magistrat en démissionne avec fracas, pour la première fois de l’histoire de l’institution judiciaire. L’armée est à la rue quand un capitaine en déserte les rangs pour déni de justice républicaine. La gendarmerie est à la rue quand un haut gradé y dénoncé les caisses occultes. La démocratie est à la rue quand on se bat désormais dans les travées de l’Assemblée nationale et qu’on y vote des lois, celle sur les parrainages, en instaurant l’état de siège dans la capitale. »

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