L’Association des Imams et Oulémas du Sénégal et le maire de Grand Dakar, Jean-Baptiste Diouf, sont à couteaux tirés. A l’origine de leur différend, un terrain situé dans la commune que revendiquent les Imams qui veulent y construire une mosquée. Sauf que le maire, qui a saisi la DSCOS, leur exige une autorisation de construire au préalable.

Au Sénégal, il ne se passe plus un jour sans qu’un litige foncier n’éclate avec son lot d’accusation et de contre-accusation. Ainsi, après les affaires Gadaye, Ndengler, Taïba Ndiaye et Terme-Sud, pour ne citer que celles-là, voilà qu’un nouveau litige foncier empeste l’atmosphère sociale dans la commune de Grand Dakar. Et le plus curieux est que ce différend oppose l’Association des Imams et Oulémas du Sénégal au maire.

En effet, hier, le Secrétaire général de l’Association des imams, Imam El Hadji Oumar Diène, lors d’un point de presse, a accusé le maire de Gand Dakar, Jean Baptiste Diouf, de vouloir faire main basse sur une assiette foncière qui leur appartient. Un terrain qui, dit-il, leur a été attribué, depuis plus de 40 ans, par le président de la République d’alors, Léopold Sédar Senghor.

«C’est un titre foncier qui avait été mis à notre dispositif par feu le Président Senghor. L’église, les familles religieuses et l’association des Imams et Ouléma avaient chacun son terrain, avec tous les actes administratifs y afférant. Nous avons construit notre siège sur cette parcelle. Et le reste de l’espace, le maire s’oppose à ce qu’on y construise une mosquée, conformément à notre volonté. Puisque ce terrain nous appartient et que nous avons tous les documents administratifs, on se demande pourquoi», a lancé imam Diène.

Le Secrétaire général des Imams, qui appelle ses collègues imams de Dakar et sa banlieue à venir les soutenir pour empêcher une «forfaiture», a expliqué que le terrain en question se situe derrière la mosquée Massalikoul Jinan, non loin de l’Eglise Sainte-Thérèse de Grand Dakar. Et il a regretté que le terrain est devenu le dépotoir des ordures de toute la zone.

«Régulièrement, nous le nettoyons pour le garder propre. Mais à chaque fois les gens reviennent et déposent leurs ordures au point qu’il est souvent une sorte de dépotoir géant. Et la mairie ne fait rien pour aider à entretenir la propreté du terrain. Au contraire, elle nous empêche d’en disposer et nous met des bâtons», se désole.

Aidara KARARA

Tract

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