Ouganda : l’ambassadrice américaine tente de rencontre le perdant Boni Wine, le gouvernement voit rouge

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TOPSHOT - Musician turned politician Robert Kyagulanyi Ssentamu aka Bobi Wine (C) is joined by other activists in Kampala on July 11, 2018 in Kampala during a demonstration to protest a controversial tax on the use of social media. - Police fired live bullets and teargas to disperse a rowdy crowd during the protests. Since the beginning of the month access to media such as WhatsApp, Facebook and Twitter, as well as dating sites Tinder and Grindr, have been blocked unless users pay a 200-shilling ($0.05, 0.04 euro) daily tax. In a statement, Uganda's President justified the move saying many citizens did not pay their taxes as they were meant to, and should not "donate money to foreign companies through chatting or even lying" on social media. (Photo by Isaac Kasamani / AFP) (Photo credit should read ISAAC KASAMANI/AFP via Getty Images)

Tract – Le gouvernement ougandais accuse l’ambassadrice des Etats-Unis de non-respect des règles diplomatiques et de « malveillance », après que cette dernière eut tenté de rendre visite au leader de l’opposition Bobi Wine, bloqué chez lui.

L’ancien chanteur de ragga devenu homme politique est de fait assigné à résidence, sa maison étant encerclée par des policiers et des soldats depuis l’élection présidentielle de jeudi, dont il a rejeté les résultats.

Ces derniers ont donné le président sortant Yoweri Museveni vainqueur avec 58,6% des voix, contre 34,8% pour M. Wine qui dénonce « une mascarade complète ».

Lundi, l’ambassadrice américaine Natalie Brown a tenté de rencontrer l’opposant – Robert Kyagulanyi de son vrai nom – et a été stoppée par une rangée de policiers en tenues anti-émeutes.

« L’objectif de la visite de l’ambassadrice Brown était de vérifier la santé et la sécurité de M. Kyagulanyi étant donné qu’il n’a pas été en mesure de quitter son domicile, des forces armées encerclant sa résidence », a indiqué l’ambassade dans un communiqué publié sur Facebook.

M. Wine, qui à 38 ans faisait figure de principal adversaire de M. Museveni, 76 ans, au pouvoir depuis 1986, a déclaré avoir été coupé de tout contact avec ses avocats et son parti, alors que le délai constitutionnel de 10 jours pour contester le vote s’amenuise.

Les avocats de M. Wine ont déposé mardi un recours en justice pour tenter d’obtenir le retrait des forces de sécurité autour de sa résidence. Une audience a été fixée à jeudi.

Le porte-parole du gouvernement Ofwono Opondo a déclaré que la tentative de Mme Brown, qui a pris ses fonctions pendant la campagne électorale, montrait « qu’elle était capable de malveillance ».

« Nous attendons d’elle qu’elle écrive au ministère des Affaires étrangères et qu’elle respecte les règles diplomatiques. Nous ne pensons pas qu’un pays ami ou quelqu’un qui veuille aider dans une situation difficile agirait de cette façon », a déclaré à l’AFP M. Opondo.

« C’est l’arrogance des Américains, qui pensent qu’ils dirigent le monde. »

L’ambassade américaine a déclaré que la campagne électorale en Ouganda avait notamment été marquée par « le harcèlement des candidats de l’opposition, des équipes de campagne et des supporters ».

« Ces actions illégales et l’assignation à résidence de fait d’un candidat à l’élection présidentielle constituent une tendance inquiétante pour la démocratie ougandaise », a déclaré l’ambassade.

Interrogé sur le fait de savoir si M. Wine était en résidence surveillée, M. Opondo a déclaré qu’il « est sous protection du gouvernement ougandais », estimant qu’il était « une cible ».

« Il est dans l’intérêt du gouvernement de l’Ouganda qu’il ne soit pas blessé d’une quelconque manière », a-t-il dit.

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