En Chine, le parti au pouvoir étouffe l’islam

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(Tract) – Les rapports internationaux se succèdent, accusant Pékin de persécuter sa population musulmane ouïgoure. Après Hong Kong et la Covid-19, c’est une nouvelle source de tensions entre l’Occident et la Chine.

Devant l’entrée de l’université du Tarim, au Xinjiang, la statue d’un général chinois, Wang Zhen, l’air placide, observe les allées et venues des étudiants. Une autre, plus engageante, du même personnage, dressée devant le musée militaire de Shihezi, marque encore l’emprise chinoise sur le Xinjiang. Wang Zhen est l’un des “huit immortels” célébrés encore aujourd’hui par le Parti communiste chinois (PCC). Dans sa carrière exemplaire au côté de Mao Zedong, il a été le gouverneur militaire de la province la plus occidentale du pays, entre 1950 et 1952. Dans ses rapports écrits au Grand Timonier, il parle déjà du « problème ethnique » “minzu wenti” ) et décrit les Ouïgours comme des fauteurs de troubles. Il aurait recommandé « qu’ils soient complètement effacés ». Une solution radicale que Mao lui-même refusera, rappelant le bouillant révolutionnaire à Pékin.

Soixante-dix ans plus tard, le “problème” reste entier et le PCC, désormais sous la férule toute-puissante du président Xi Jinping, s’y est attelé avec une vigueur qui inquiète bien au-delà des frontières de l’empire du Milieu.

La Chine accusée de tous les côtés

Depuis 2017, la polémique enfle contre Pékin. La Chine est accusée de détenir dans des camps plus de 1 million de Ouïgours, suspects de radicalisation islamique. On y pratique la bonne vieille rééducation politique et l’endoctrinement. Un traitement que même l’actuel président Xi Jinping a subi dans sa jeunesse, ainsi que sa famille. Des photos satellites montrent ainsi une vingtaine de camps où seraient pratiquées ces activités à la gloire du Parti, sous la direction de Chen Quan-guo, le chef du Parti au Xinjiang depuis 2016. Il s’était déjà illustré par sa fermeté au Tibet à partir de 2011. L’année dernière, le New York Times a obtenu 403 pages de documents internes du PCC, « qu’un cadre soucieux de placer le président Xi Jinping face à ses responsabilités » a pu faire fuiter. Le président chinois s’y plaint de la mauvaise gestion des autorités locales, appelant à plus de fermeté, « pour leur bien et aussi pour le nôtre », peut-on y lire. Le PCC y prend aussi acte des échecs de la lutte contre l’islamisme à l’étranger. On peut y lire une estimation sévère des politiques britanniques à ce sujet, qui sont mises en exergue à titre de contre-exemple : « Ils ont placé les droits de l’homme au-dessus de la sécurité nationale, permettant les attentats au Royaume-Uni. » Il s’agit donc « de ne montrer aucune pitié ».

De son côté, l’Agence France-Presse a réalisé une enquête montrant la destruction de plusieurs cimetières ouïgours remplacés par des parkings, une manière honteuse d’effacer la trace historique de leur présence.