ET DIT TÔT – L’affaire Aliou Sall fait une 1ère victime : feu le dialogue national de Macky Sall

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Le président Macky Sall et son frère Aliou

L’affaire Aliou Sall, frère du président impliqué dans l’affaire de corruption révélée par la BBC, continue de faire la Une des journaux, une semaine après son éclatement.

Dans le cadre de l’attribution de deux gisements pétroliers à British Petroleum (BP), Aliou Sall aurait perçu 250 000 dollars de la part de Frank Timis. Ce dernier, un homme d’affaires roumano-australien, aurait reçu entre 9 milliards et 12 milliards de dollars pendant 40 ans de BP, ce que la firme britannique dément.

Cette persistance de l’affaire Aliou Sall au devant de l’actualité montre que ce n’est pas un simple fait divers qui sera vite évacué. Cette affaire a mis en stand-by le dialogue national inauguré le 28 mai par Macky Sall, qui avait fini de réussir un beau coup politique, en obligeant son opposition à se déterminer pour ou contre ld dialogue national et en réussissant à diviser lz leadership de plusieurs partis comme lz PDS et le PUR. Le bel unanimisme du dialogue national s’est évaporé. Avec une affaire de corruption qui combine à la fois un membre de la proche parentèle de Macky Sall et la nouvelle manne du Sénégal que sont le pétrole et le gaz, cocktail explosif, même les opposants les plus conciliants se sont radicalisés. Les opposants de la première heure au dialogue national occupent le devant de la scène : Ousmane Sonko, Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall…

Après l’opposition sénégalaise qui a dénoncé une corruption au sommet de l’État, la société civile s’empare du dossier et demande des comptes à l’exécutif. La même société civile qui avait donné son onction au dialogue national de Macky Sall lui a retiré sa confiance. lAinsi, 13 organisations, partis politiques et mouvements de la société civile disent avoir formé le 8 juin un « front citoyen » afin d’exiger de la « transparence » dans les contrats pétroliers et gaziers. Dans ce front se retrouve le mouvement Y’en a marre, mais aussi le parti d’Ousmane Sonko ou encore les activistes de « France dégage ».

« Élargir l’espace de transparence »

« C’est énorme, déclare Elimane Kane, président du think tank Legs Africa. En tant que citoyens sénégalais, nous n’accepterons pas que nos représentants prennent des décisions qui soient contraires aux intérêts de notre peuple parce que ces ressources nous appartiennent. Il faut élargir l’espace de transparence de la gouvernance du secteur des hydrocarbures. Malheureusement, jusque-là, c’est concentré au niveau de l’exécutif, entre le président et son ministre ».

Le gouvernement avait promis d’ouvrir le Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz (Cos-Petrogaz) à l’opposition et à la société civile. La mesure n’est toujours pas effective. Pour Mamadou Mignane Diouf, coordonnateur du Forum social sénégalais (FSS), le président Macky Sall doit d’urgence prendre des décisions « courageuses » à savoir « démettre son frère d’un poste de responsabilité que constitue la Caisse de consignation. Tout cela pour montrer sa bonne foi, sa détermination à faire éclater la vérité et à rejoindre une déclaration qu’il avait faite à l’époque : « Je ne protègerai personne » ».

Une semaine après la diffusion de l’enquête de la BBC, Aliou Sall, également maire de Guédiawaye, près de la capitale Dakar, écarte toute démission. Il avait déjà démenti avoir reçu 250 000 dollars de la part de Frank Timis. Aliou Sall a toutefois annoncé sur Facebook qu’il compte « donner une nouvelle orientation à sa carrière en septembre prochain ».

Damel Mor Macoumba Seck @ Tract 2019

(avec agences et RFI)

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