Née Sénégalaise, Sibeth Ndiaye nommée porte-parole du gouvernement français

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Des trentenaires souriants qui entouraient Emmanuel Macron il y a deux ans de cela, il ne reste plus qu’elle. La dernière combattante du premier cercle.

Ce 14 mai 2017, Emmanuel Macron devient président de la République, et les Français découvrent une équipe de trentenaires, hilares et heureux. Remontant le tapis rouge qui les conduit jusqu’au perron de l’Élysée, ils sont neuf. Neuf, dont une seule femme. Neuf costumes sombres, dont une robe à fleurs. Coiffée de tresses, elle marche la première. Sibeth Ndiaye rit.

Moins de deux ans plus tard, de cette équipe insolente et bravache, il ne reste plus qu’elle aux côtés du Président. A 39 ans, cette mère de trois jeunes enfants devient ministre et porte-parole du gouvernement. Une nomination qui récompense sa pugnacité, son efficacité et sa loyauté infaillible. Une nomination qui étonne aussi. Car la conseiller presse et communication du président de la République n’a pas noué avec la presse des relations câlines. Âpre, réactive et très vive, la communicante parle cru – « j’assume parfaitement de mentir pour protéger le président »- et techno – « évitons de tomber dans la post-rationnalisation »- , et c’est peu dire qu’elle assume de n’entretenir avec la presse qu’une relation certes efficace, mais surtout distante. Le porte-parolat, exercice délicat, obligera la professionnelle de la communication à puiser dans un registre plus consensuel et il lui appartiendra de tisser une collaboration confiante et mature avec les journalistes, qu’elle n’apprécie pas tous. Si le Président de la République a, tardivement, compris qu’il était impossible de présider et réformer sans expliquer et convaincre, on aurait pu penser qu’il choisirait à ce poste de fine diplomatie, un profil plus amène tel celui de Marc Fesneau. Il fait le choix de conserver une combattante. Rassurante et dévouée.

Née dans la politique

Sibeth Ndiaye est née dans la politique. Sa mère, Mireille Ndiaye, d’origine allemande et togolaise, a présidé le Conseil constitutionnel du Sénégal et son père, Fara Ndiaye, fut député et numéro deux du Parti démocratique sénégalais (PDS). Diplômée d’un DESS en économie de la santé, la jeune femme intègre le service de presse de Claude Bartolone, au conseil général de Seine-Saint-Denis. Elle rejoint plus tard le service de presse d’Arnaud Montebourg, l’impétueux ministre du Redressement productif puis de l’Économie. Lorsque celui-ci est contraint à la démission, Sibeth Ndiaye voit arriver à Bercy son successeur, Emmanuel Macron. La militante de l’Unef, devenue secrétaire nationale du PS en charge de la Petite enfance est convaincue par l’ancien banquier d’affaires, novice en politique. Lorsqu’en avril 2016, celui-ci crée son mouvement En marche, la communicante le suit. En langue diola, parlée au Sénégal, son prénom signifie « qui a gagné beaucoup de combats ». Celui de demeurer celle qui porte et défend la parole d’une Macronie éprouvée ne sera pas le plus commode.

Avec Le Point

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