Pro-« moratoire », Tidjane Thiam, « envoyé spécial Covid-19 » de l’Union Africaine et…indécrottable financier !

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Ce jeudi matin, 16 avril, sur la radio qui informe les Africains francophones de ce qui se décide pour eux, RFI donc, c’est tout fier de lui que Tidjane Thiam annonce que le moratoire d’un an sur le remboursement du service de la dette africaine (principal et intérêts), accordé par le G20 hier mercredi 15 avril, « donne à l’Afrique les moyens d’agir face à la pandémie du Covid-19 » ! Hé bien, rien n’est moins sûr.  Ce dont l’Afrique avait besoin, c’est d’une annulation pure et simple de sa dette par le G20, comme nouveau départ pour les pays africains, dans le cadre du nouvel ordre mondial plus juste et plus solidaire qu’on espère comme sortie de crise du désordre global de la coronacrise.

Mais Tidjane Thiam, en indécrottable banquier qu’il reste, aura négocié comme tel avec les créanciers du G20. Au final, il a plus regardé les intérêts des prêteurs que des emprunteurs africains désormais insolvables pu en passe de le devenir. Ce dont l’Afrique a besoin, c’est d’injection d’argent frais, par de nouveaux prêts qu’aurait permis l’annulation de sa dette par les pays industrialisés du G20. Le FMI a donné l’exemple en annulant la dette de plusieurs pays pauvres ( dont le Sénégal ne fait pas partie) et a apporté des financements importants à plusieurs pays africains dans le cadre de la situation économique désatreuse actuelle créée par la pandémie ( le Sénégal  a ainsi reçu plus de 400 millions d’euros du FMI).

Le piètre résultat obtenu par l’ex patron du Crédit suisse, Tidjane Thiam, face aux créanciers du G20, ne poussera certainement pas la Chine, plus gros créancier de l’Afrique, a envisagé une annulation de la dette africaine.

Pour rappel, lUnion africaine (UA) a nommé l’ancien patron du Credit Suisse Tidjane Thiam et plusieurs autres dignitaires envoyés spéciaux pour solliciter un soutien international pour aider le continent à faire face à l’impact économique du coronavirus.

L’équipe d’envoyés spéciaux, qui a été nommée par le président de l’UA, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, comprend Tidjane Thiam, et également l’ancien ministre nigérian des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, l’ancien ministre sud-africain des Finances, Trevor Manuel, et Donald Kaberuka, ancien président de la Banque africaine de développement .

Cette supposée « Dream Team » (comme les désignent l’hebdomadaire Jeune Afrique) des envoyés etaient chargés de «solliciter un soutien rapide et concret» promis par le G20, l’Union européenne et d’autres institutions financières, a indiqué l’UA dans un communiqué.

Au final, c’est ce moratoire qui est obtenu. Mais le président Ramaphosa lui-même n’en attendait pas plus, lui qui indiquait que « ces institutions doivent soutenir les économies africaines qui sont confrontées à de sérieux défis économiques avec un plan de relance complet pour l’Afrique, y compris des paiements différés de dette et d’intérêts ».

Bref, c’est et cela continuera d’être « business as usual », sur la planète Terre. Coronacrise ou pas.
En soutenant qu’avec ce moratoire accordé par le G20, « les États africains disposeront immédiatement de ressources à leur disposition au lieu d’attendre des financements hypothétiques », Tidjane Thiam oublie que les pays africains ne disposent pas de ces liquidités dans les coffres-forts de leur Trésor public : ils doivent collecter de l’argent par les impôts, notamment à travers les droits de douane et la TVA, au moment où les ports et aéroports, portes d’entrée des marchandises à taxer, sont fermées au mieux jusque début juin. Et au moment où les dépenses des ménages et des particuliers se sont rétractées et que les entreprises africaines voient le paiement de leurs impôts et taxes reporté, pour ne pas les asphyxier mortellement.
Ousseynou Nar Gueye
Tract