Le prisonnier Habré, 78 ans, veut sortir 6 mois pour « se faire soigner », les familles de victimes crient au scandale

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epa04854364 Former Chadian leader Hissene Habre (C) reacts as he is escorted in to stand trial by Senegalese police at the Palais de Justice in Dakar, Senegal, 20 July 2015. The former Chadian leader is accused of crimes against humanity, war crimes and torture allegedly perpetrated during his rule between 1982 to 1990. The landmark case opened in Dakar, Senegal representing a historic step for African justice as it is the first time ever that a court of one country in Africa has prosecuted a former ruler of another country. This is also the first universal jurisdiction case to proceed to trial in Africa. EPA/STR

La défense d’Hissène Habré a déposé auprès du juge d’application des peines une demande de permission de six mois. Demande motivée par l’« état de santé » de l’ancien président tchadien, affirme l’un de ses avocats Maître Ibrahima Diawara, qui évoque son âge -78 ans-, et ses conditions de détention. Hissène Habré a été condamné à la prison à perpétuité en 2016 par les Chambres africaines extraordinaires pour crimes contre l’humanité. En avril 2020, il avait obtenu une autorisation de sortie de 60 jours, délivrée en raison de la pandémie de Covid-19, avant de retourner à la prison du Cap Manuel. Au Tchad, le collectif des victimes du régime d’Hissène Habré dénonce cette nouvelle demande de permission. Il estime que si l’ancien président est malade, « un traitement pourrait lui être prodigué en prison », et qu’il « ne peut pas être libéré, sans violer les obligations du Sénégal et les principaux fondamentaux du droit international ».

Me François Serres, autre avocat de Habré, renseigne ce.mercredi 7 avril que le juge d’application des peines « examinera au plus tôt, peut être dans un délai d’une semaine », leur demande. L’avocat français de rappeler que Hissène Habré avait fait une chute dans sa cellule.

« C’est ce qui lui avait causé des blessures mal soignées », a indiqué Me Serres, qui dit avoir  constaté que la dégradation de l’état de santé de l’ancien président du Tchad, aujourd’hui âgé de plus de 78 ans, est « difficilement compatible avec la détention ».

« C’est pourquoi Me Ibrahima Diawara et moi-même avons fait une demande de permission de sortie de six mois pour le compte de Hissène Habré », renseigne encore le conseil de l’ancien Chef d’État.

La réaction de l’association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH) ne s’est donc pas fait attendre. Clément Abaifouta et Cie sont contre toute tentative de « faire libérer l’ancien dictateur du Tchad de manière anticipée » pour des « motifs fallacieux », comme de « fausses rumeurs de maladie ».

« Notre association, qui représente  des milliers de ses victimes, rejette cette demande et nous exigeons que, conformément au verdict historique prononcé par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) et aux obligations internationales du Sénégal, M. Hissène Habré purge la peine de la réclusion à vie à laquelle il a été condamné », lit-on dans le communiqué de l’association.

Ses membres attirent l’attention sur le fait que les Chambres ont ordonné à Habré de payer 82 milliards de francs CFA aux 7 396 victimes désignées. « À ce jour, il n’a toujours pas versé un seul centime aux victimes », disent-ils.

Pour rappel, l’ancien président tchadien, condamné en appel à la prison à perpétuité en 2017, avait été autorisé à regagner son domicile, en raison de la pandémie de Covid-19. Et, il est retourné en prison après l’expiration de son autorisation de sortie de 60 jours.

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